
KEYSTONE/Nicola Pitaro
Je dois bien vous avouer que la diversité des espèces n’a pas toujours été mon principal souci ou la priorité de mon action politique. Je me suis bien sûr engagé en faveur de la création de réserves naturelles, de la renaturation de cours d’eau et contre le déboisement des forêts tropicales. Mais il m’arrivait aussi d’en sourire et de me demander s’il nous fallait absolument protéger chaque crocodile et chaque espèce d’insecte – des animaux qui ne sont guère connus pour être particulièrement philanthropes et dont je ne raffole pas non plus.
La conférence de l'ONU sur la biodiversité à Bonn et mon intervention de mercredi dernier m’ont forcé de m’y intéresser de plus près. Et qui l’eût cru ? Même après treize années de travail à la tête de mon département, il m’arrive encore de faire des découvertes. La préparation de ma brève allocution à Bonn m’a convaincu de mettre un terme à mes interrogations sur la protection des espèces pour défendre résolument la cause de la biodiversité.
Dans l’interview accordée à la Schweizer Illustrierte, je me suis exprimé sur notre relation aux plantes et aux animaux. Nous serions tous bien avisés de nous y intéresser davantage et de nous en préoccuper puisque la biodiversité nous concerne tous sans exception. De plus, elle peut nous être fort utile, voire essentielle à notre survie. Comme je le relevais à Bonn, l’aspirine est obtenue à partir d’un saule et le Tamiflu d’une variété d’anis asiatique.
Enfin l’inauguration du Centre des visiteurs du Parc national à Zernez a mis en évidence une fois de plus l’importance de la diversité de la faune et de la flore pour la survie de l’espèce humaine. Elle symbolise aussi la pluralité des opinions politiques et constitue ainsi un plaidoyer contre l’exclusion et la discrimination.
A bientôt
Moritz Leuenberger
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