
Image: DETEC
„Nous ne devons en aucun cas jouer la carte de la promotion économique contre la protection du climat !“
„Ce serait une erreur irréparable si la récession planétaire nous conduisait à ralentir nos efforts en matière de réduction des émissions de CO2!".
Voici ce que j'entends lors de toutes les conférences sur l'environnement, sommets sur le climat et autres congrès de l'ONU, de Poznan à New-Delhi en passant par Abu Dhabi et Bonn. Et j'entendrai probablement le même discours la semaine prochaine à Nairobi....et le tiendrai moi-même. Ce qui me surprend surtout avec ce genre de déclarations, c'est moins leur contenu que le fait qu'elles ne sont depuis longtemps plus l'apanage des seuls ministres de l'environnement. Dans le cadre des conférences sur le climat, les Etats sont de plus en plus souvent représentés par leurs ministres des affaires étrangères, de l'énergie, de l'économie, des transports, de l'agriculture voire même de la défense (au Japon, la défense et l'environnement étaient regroupés au sein d'un seul ministère. Aux USA, les généraux ont présenté le changement climatique comme la pire menace à long terme contre la sécurité).
Le principe de base du développement durable, à savoir la convergence des intérêts sociaux (défendus par les ministres du développement ou de la défense), des intérêts économiques (défendus par les ministres de l'énergie et de l'économie) et les intérêts environnementaux (défendus par les ministres de l'agriculture et de l'environnement) gagne du terrain.
Au sein du Conseil fédéral également.
C'est pourquoi deux tiers du programme de relance économique sont représentés par des mesures relevant du DETEC:
- 30 millions pour les projets de chauffage à distance
- 10 millions pour le remplacement des chauffages électriques
- 10 millions pour les installations photovoltaïques
- 24 millions pour les projets cantonaux en faveur de la biodiversité
- 320 millions pour les CFF et les chemins de fer privés
- 32 millions pour les projets routiers
Promouvoir les énergies renouvelables permet de créer de nouveaux secteurs d'activité et des emplois tout en réduisant nos émissions de CO2 et notre dépendance au pétrole. Les investissements dans la protection du climat sont des investissements en faveur des générations futures. Il en va de même pour les investissements dans le secteur des infrastructures ferroviaires et routières. Pour pouvoir les réaliser, il est tout à fait légitime que l'Etat s'endette provisoirement. On est en droit d'attendre des générations futures, qui profiteront de ces infrastructures, qu'elles les financent aussi un jour. Telle est la principale différence par rapport à la dette publique que nous laissons se constituer parce que nous ne finançons pas complètement les assurances sociales ou que nous réduisons les impôts. Notre génération est la seule à en profiter, et ce sont nos enfants qui devront passer à la caisse. C'est pourquoi il est plus légitime de s'endetter en faveur des infrastructures ou de la protection de l'environnement que dans des secteurs dont nous sommes les seuls à profiter aujourd'hui.
A bientôt
Moritz Leuenberger
PS: il ressort des commentaires que vous êtes nombreux à attendre de ma part une prise de position sur les bonus de l'UBS. Je vous recommande à ce sujet de lire l'article de Daniel Binswanger dans le supplément Magazin du Tages Anzeiger, du 7/8 février en rapport avec le livre "Lüge, Liste und Leidenschaft", au bas de la page 24.
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