Illustration d’une molécule de CO2 (Source: Wikipedia)

Illustration d’une molécule de CO2 (Source: Wikipedia)


Aux Etats-Unis, un blog vient de se voir décerner pour la première fois un prix de la liberté de la presse. Je me risque donc maintenant - évidemment dans l’espoir tacite de recevoir un jour le prix Nobel pour mon blog - à aborder une question que j’avais soulevée lors d’une interview préparée de concert avec le téléjournal de SF DRS. Interview qui n’a d’ailleurs pas été diffusée par la suite - certainement pour d’excellentes raisons.

Avant le début de l'Euro 08, les ministres de l’environnement suisse et autrichien s’étaient fixé pour objectif d’organiser cette manifestation en ménageant l’environnement le plus possible. Une entreprise qui a jusqu’à présent fort bien réussi, notamment en ce qui concerne l’offre de transports publics. A Berne, les supporters „ oranjes “ se sont même rendus au stade de la manière la plus écologique qui soit - chapeau !

Cependant, dans les stades et les fan zones, l’UEFA se montre jalouse de son autonomie et, notamment à Bâle, des conseillers d’Etat nous ont fait état de quelques pratiques scandaleuses : les gérants des stands tenteraient ainsi systématiquement de se soustraire au remboursement du dépôt versé pour les gobelets en fermant tout simplement leurs stores. L’UEFA n’a pas voulu intervenir. Et il y a pire : sur un bénéfice escompté de quelque 1,1 milliard de francs, l’UEFA verse bien 8 millions de francs pour les billets combinés des transports publics (les autres 8 millions étant payés par les contribuables suisses et autrichiens), mais elle estime que la compensation des émissions de CO2, qui restent importantes, coûte trop cher. Or, cette compensation n’est que de 1,5 million de francs, soit 0,13 pour cent du bénéfice. Pour nous, les ministres de l’environnement, il est important que de futurs grands événements puissent être organisés de manière écologique et sans augmentation des émissions de CO2. Déjà aujourd’hui, de nombreux organisateurs prouvent que cela est faisable, même Red Bull y est parvenu lors de l’“ Air Race “, le show aérien controversé qui s’est déroulé à Interlaken.

Les ministres de l’environnement dont je fais partie demandent donc instamment à l’UEFA de reconsidérer sa position. Les grandes entreprises savent en effet pertinemment qu’un comportement écologique ne peut qu’être favorable à leur réputation. L’UEFA doit faire face à ses responsabilités et ne pas se borner à vouloir maximiser ses bénéfices en laissant au public les coûts et autres charges qu’implique un développement durable.
Comment se fait-il que l’UEFA doive s’acquitter de si peu d’impôts et puisse ainsi se targuer de réaliser des bénéfices encore plus mirobolants? C’est parce qu’elle est une association d’utilité publique - or ce privilège implique aussi des obligations.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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