En l’espace de dix jours, je me suis rendu à une rencontre des ministres de l’UE en charge du développement urbain à Leipzig, puis à la Conférence européenne des ministres des transports à Sofia et enfin à la rencontre des ministres de l’UE en charge de l’environnement à Essen. Bien que la Suisse ne soit pas membre de l’UE, je suis toujours invité à ces réunions, parfois parce que j’entretiens de bonnes relations avec mes homologues. Je m’efforce donc d’y aller le plus souvent possible parce que ces contacts et ces informations sont très importants pour la Suisse.

C’est ainsi que j’ai appris, lors de mon séjour à Sofia, que les pays scandinaves avaient décidé de promouvoir les camions de 60 tonnes, considérant ces derniers comme la solution miracle en matière de politique des transports. Les allégations très engagées des ministres des transports des pays nordiques ont commencé par séduire le reste de l’assemblée. C’est alors que je suis intervenu en disant que nous n’accepterions pas les 60 tonnes sur le territoire suisse. Nous avons conclu un accord sur les transports terrestres avec l’UE, dans lequel la limite maximale a été fixée à 40 tonnes. Il est important de pouvoir faire part à temps de son opposition et il est important également que dans ce genre de situation je puisse mobiliser nos alliés, en l’occurrence les autres pays alpins, la Slovénie, la France et l’Autriche. (Je me garderai de souligner ici que tout cela serait bien plus simple si nous étions membre de l’UE).

A Essen, lors de la rencontre avec les ministres de l’environnement, j’ai été frappé par un changement notoire par rapport aux précédentes rencontres : autrefois, les ministres de l’environnement se plaignaient surtout du fait que leurs revendications se heurtaient souvent à l’opposition des ministres de l’économie et des infrastructures. Aujourd’hui, il n’en est quasiment plus question, et on observe une toute autre prise de conscience de l’environnement. Apparemment l’UE a la ferme intention d’atteindre son objectif ambitieux de réduction des émissions de CO2. Pourtant, en tant que Suisse, j’ai été sensibilisé à certains problèmes, notamment la production de charbon. L’exemple de la Chine a notamment été cité à plusieurs reprises. Là-bas, une centrale au charbon est mise en service en moyenne tous les deux jours. L’Allemagne, la Pologne et d’autres pays ne peuvent tout simplement pas imaginer une production d’énergie sans charbon. Prochainement, on mettra en service la première centrale au charbon dont les émissions de C02 seront évacuées par le sous-sol. De grands espoirs sont placés dans cette technologie.

En marge de la rencontre, la politique climatique du président Bush a également été discutée, notamment sa volonté de changer de cap. Certains y voyaient un leurre ou un cheval de Troie, destiné à miner le Sommet du G8. D’autres estimaient qu’il était intéressant de voir l’administration Bush amorcer un tel revirement même si elle ne reviendra pas complètement sur ses positions. Dans les faits, nous sommes tous d’avis que des objectifs de réduction contraignants sont nécessaires même si les USA et la Chine ne veulent pas en entendre parler. Il existe évidemment différents moyens d’y parvenir, comme par exemple l’investissement dans les nouvelles technologies sur lequel mise Bush. Il faut surtout veiller à ne pas empêcher les différentes approches de rivaliser entre elles.
C’était donc mon petit récit de voyage, cette fois-ci sans considérations culinaires. Désormais, la session parlementaire figure au programme. Le premier dossier me concernant : faut-il de nouveau autoriser les courses de Formule 1 en Suisse … ?

A bientôt

Moritz Leuenberger

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