NGO und direkte Demokratie

Tout d’abord deux brèves remarques préliminaires concernant le blog:

  • Dans quel ordre dois-je faire paraître les commentaires, ascendant ou descendant? Suite aux suggestions de certains, je viens de le changer et voilà que cela fait de nouveau des mécontents ! Je conserve pour l’instant le nouvel ordre car il ne sert à rien de le changer à tout bout de champ. Ah, si l’on pouvait satisfaire tout le monde !…

  • Il arrive régulièrement que l’on m’adresse des questions précises (par exemple sur mon avis concernant l’adhésion à l’UE). Si j’y répondais en détail, les sujets de mes contributions seraient déterminés des mois à l’avance et il en résulterait un foisonnement thématique qui ne correspondrait plus tellement à la finalité d’un blog. Faut-il que j’y réponde dans la partie réservée aux commentaires?

Je consacrerai ce nouveau blog au rôle des ONG:

Les vacances d’été ont été marquées par le décès de Hans Hildbrand qui m’a beaucoup attristé. Cet homme, que j’ai rencontré à plusieurs reprises et pour lequel j’avais une grande estime, dirigeait la section suisse de Greenpeace, une organisation non gouvernementale (ONG). Il considérait que Greenpeace avait deux tâches clairement distinctes:

1. Selon lui, il incombe à l’organisation d’une part de rappeler le gouvernement à ses devoirs, de lui signaler les problèmes écologiques, de lui indiquer son rôle et les objectifs à suivre. Il savait pertinemment qu’il s’agissait parfois d’objectifs irréalistes, et il insistait sur ce point. Il établissait donc une distinction entre une éthique de la conscience et une éthique des responsabilités. Il formulait un objectif idéal tout en se gardant de reprocher à ceux qui étaient chargés de le mettre en œuvre de ne pas y parvenir. J’ai souvent discuté avec lui de ses idéaux et de l’impossibilité de les réaliser entièrement : réduire les émissions de CO2, éliminer les poussières fines, transférer le trafic de la route au rail conformément à l’article constitutionnel sur la protection des Alpes, tous ces objectifs devant être réalisés d’un seul coup. Hans Hildbrand savait que certaines réalités, comme les majorités politiques ou certaines conventions internationales, ne permettaient parfois que des compromis et il se gardait donc bien d’aller faire la morale à ceux qui s’efforçaient au moins de réaliser un objectif politique.

2. D’autre part, Hans Hildbrand estimait que les ONG devaient participer à la démocratie et il a essayé de faire passer des solutions concrètes.
De même que d’autres représentants d’ONG, il ne voulait pas voir son rôle limité à celui d’un prêcheur. Les ONG formulent des initiatives (elles contribuent parfois même à leur aboutissement comme l’a montré l’article constitutionnel sur la protection des Alpes) et font du lobbyisme auprès des parlementaires et des membres du gouvernement conformément à l’esprit de la démocratie directe : chacun de nous doit prendre ses responsabilités et non célébrer sa noblesse de caractère. Initiatives, référendums et votations régulières, voilà ce qui force les gens à s’impliquer. Personne, ni les intellectuels ni les ONG, ne doit se complaire dans le rôle de donneur de leçon.

C’est pourquoi, dans la loi, nous avons confié aux ONG des tâches précises: faire recours devant les tribunaux lorsqu’un projet de construction n’est pas conforme au droit de l’environnement. Les ONG sont ainsi délibérément responsabilisées et l’expression « organisation non gouvernementale » n’est sans doute plus tout à fait exacte. En effet, le droit de recours des associations est aussi une émanation de la Constitution fédérale qui demande à son article 6 que chacun contribue à l’accomplissement des tâches de l’Etat et de la société.

Dans le discours intitulé « Wozu braucht es Parteien? » (« Pourquoi faut-il des partis? ») que j’ai prononcé à Vienne, je n’ai donc pas ménagé les ONG qui formulent de nobles revendications sans pour autant assumer la responsabilité de leur mise en œuvre. Lors du débat qui a suivi, les représentants du WWF et de Greenpeace étaient assez déçus parce qu’ils n’étaient pas persuadés de ce double rôle tel que le concevait Hans Hildbrand.

Il s’agira pourtant bien lors de la votation sur le droit de recours des associations de garantir qu’elles continuent à assumer des responsabilités précises. Nous avons tous des idées en tête, des idéaux que nous tentons en même temps de réaliser. Suivant notre métier et nos prédispositions, nous nous consacrons plutôt à la formulation d’idéaux ou plutôt à l’action. Mais je peux difficilement concevoir que l’un puisse aller sans l’autre.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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