Drop impact
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De nombreux vœux pour mon anniversaire me parvenaient par SMS et par téléphone au moment où j’ai été informé de l’accident cardio-vasculaire de Hans-Rudolf Merz: sous l’effet du choc, ces vœux de bonne santé ont soudainement pris un sens beaucoup plus profond. Je les transmets de tout mon cœur à Hans-Rudolf Merz et à sa femme.

Suite à ma dernière contribution, certains commentateurs s’interrogent sur la crédibilité d’un politicien dont le comportement n’est pas conforme aux convictions politiques qu’il prône. Il ne fait aucun doute que celui qui exige des autres qu’ils adoptent un certain comportement moral est plus convaincant s’il traduit ses paroles par des actes. Ou au moins s’il s’y emploie. Il accepte ce faisant ses propres imperfections et se garde alors de reprocher à qui que ce soit de ne pas être parfait. J’estime cependant que le premier rôle du politicien n’est pas de s’ériger en moraliste, mais de définir dans les lois des règles valables pour tous. Ces règles, qui doivent alors impérativement être appliquées, sont nécessaires dès lors que rien ne marche comme il faut sans elles. J’appelle cela de la politique « systémique » par opposition à l’aide individuelle prodiguée aux personnes dans le besoin, donc une politique qui tente d’instaurer un système qui rejaillit sur tous et non pas uniquement sur ceux qui, par l’effet du hasard, bénéficient de l’aide individuelle.

Seule une politique systémique permet de lutter contre la faim ou de s’attaquer aux problèmes liés au changement climatique et à l’approvisionnement énergétique. Les petites contributions individuelles, les dons, les efforts que chacun entreprend pour économiser de l’énergie, etc. sont certes importants (et je les ai défendus dans mon dernier article), mais ils ne permettront pas de venir à bout de toutes les difficultés. Il me semble que l’on tente souvent de détourner l’attention de la nécessité d’une politique systémique en demandant tout de suite lors d’interviews: « Que peut faire l’individu? » ou : « Que faites-vous pour lutter contre le changement climatique ? ». Or, ces questions reviennent aussi à personnaliser la politique. Il est beaucoup plus facile de discourir sur le comportement individuel que sur la nécessité de certaines règles contraignantes et la manière de les faire respecter par ceux qui ne s’y tiennent pas.

Certains commentateurs font pour le moins fausse route – en fait, il s’agit davantage d’une excuse à bon compte lorsqu’ils nient toute crédibilité à des propositions systémiques comme la taxe sur le CO2 ou l’obligation d’installer des filtres à particules sur les moteurs diesel sous prétexte que même d’ardents défenseurs de la cause environnementale circulent en voiture. Lors d’une interview, j’ai reconnu avoir beaucoup d’estime pour la politique environnementale d’Arnold Schwarzenegger, bien qu’il circule en 4x4. Pour moi, Schwarzenegger cesserait aussitôt d’être crédible s’il prétendait que les sacrifices individuels permettraient de venir à bout de la crise énergétique et des problèmes dus au changement climatique. Mais tant qu’un politicien cherche à établir des normes auxquelles il doit ensuite lui-même se soumettre, il ne prêche pas l'eau en buvant le vin, mais cherche à régler la consommation d’eau et la consommation de vin de manière équitable pour tous.

A bientôt
Moritz Leuenberger

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