Chers blogueurs, chères blogueuses,
Voici à peine une semaine que je suis entré en contact avec vous. Nous avons surtout discuté du CO2, de la politique climatique et énergétique. Des sujets tout à fait d’actualité puisque la session parlementaire qui s’achève leur était également consacrée. Outre la taxe sur le CO2, la loi sur l’approvisionnement en électricité et la loi sur l’énergie ont été adoptées, ce qui contribuera à donner un nouvel élan aux énergies renouvelables. La politique énergétique et climatique est également étroitement liée à d’autres thèmes. Vous l’avez d’ailleurs démontré à l’aide de nombreux exemples, notamment celui de la production de chanvre.
Le débat sur la politique climatique au Conseil national a duré plus de cinq heures. (Ce n’est pas évident pour un conseiller fédéral qui doit rester présent pendant toute la durée du débat et écouter toutes les interventions. Les parlementaires peuvent quitter la salle pour aller au petit coin ou boire un café. Le Palais fédéral étant actuellement en travaux, un vent glacial souffle directement dans le dos du conseiller fédéral. Lors de la dernière session, mon collègue Hans-Rudolf Merz et moi-même avions d’ailleurs pris froid. Cette fois-ci j’ai pris mes précautions et gardé mon manteau. J’ai aussi pris soin de boucher les trous de mon siège avec des coussins pris sur un fauteuil de la Salle des pas perdus). De nombreux parlementaires ont cru que je voulais de cette manière faire allusion à la politique climatique. Il n’en est rien, je voulais simplement tout faire pour éviter de me refroidir à nouveau.)
Revenons-en au débat: de nombreuses interventions concernaient la politique des transports. Le transfert de la route au rail ainsi que la nécessité de promouvoir les véhicules peu gourmands en énergie ont été mentionnés à plusieurs reprises. En tant que ministre des transports, j’étais donc directement concerné. Le fait que les infrastructures, à savoir les routes, le rail, le transport aérien, le téléphone, l’internet et l’énergie soient regroupés au sein du même département, le DETEC, au même titre que l’environnement est une particularité bien helvétique. Les ministres de l’environnement d’autres pays m’envient d’ailleurs régulièrement. Il faut admettre qu’indépendamment de la composition politique d’un gouvernement, le ministre de l’environnement et celui en charge des infrastructures sont rarement d’accord puisqu’ils défendent des objectifs totalement divergents: alors que le premier veut protéger l’environnement, l’autre veut exploiter cet environnement pour les infrastructures. C’est systématiquement le ministre des infrastructures qui l’emporte parce que les intérêts économiques sont plus faciles à défendre.
Dans notre pays, ces conflits d’intérêts ont lieu au sein même du DETEC. Ce n’est pas toujours simple. Mais deux offices aux objectifs divergents peuvent, lorsqu’ils dépendent du même département, peut-être plus facilement composer pour trouver une solution durable. Actuellement, une réorganisation des départements est à l’ordre du jour. Il sera important de ne pas remettre en question cette particularité suisse. J’ai moi-même appris à l’apprécier comme un modèle de durabilité, à savoir comme un lieu où les trois piliers du développement durable, la protection de l’environnement, l’efficacité économique et la solidarité sociale sont pris en compte de manière égale.
A bientôt
Moritz Leuenberger
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Environnement et infrastructures dans un seul et même département - un modèle suisse

