Elle existe bel et bien la fête du 1er août telle que je me l’imaginais dans sa parfaite harmonie confédérale! C’était hier à Palagnedra. Les lampions, les drapeaux, essentiellement de la Suisse et du Tessin, les saucisses grillées, le buffet de salades, toutes les tranches d’âge réunies, de la plus jeune participante (18 jours) au doyen (93 ans), la fanfare, le feu de joie, les pompiers prêts à intervenir, les feux d’artifice, les discours (à découvrir sur Internet: 1. August Ansprache
), le cantique suisse. Un tout grand merci car c’était un événement formidable.
Peut-être de telles fêtes sont-elles davantage l’apanage des régions périphériques menacées massivement par l’exode et perpétuellement confrontées à des revendications visant à démanteler le service universel que des agglomérations urbaines. Peut-être met-on ici davantage de ferveur à célébrer la symbolique de notre nation issue de la volonté politique de ses citoyens, que là où il va de soi de vivre protégé par le tissu urbain. Ici, au sein d’une minorité linguistique, on met plus d’enthousiasme à se déclarer en faveur de l’égalité entre les quatre régions linguistiques, que dans la grande majorité à l’intérieur du pays. Ici, les feux de joie n’ont pas été allumés pour nous mettre en garde contre les dangers des traités internationaux ou des ennemis extérieurs mais au contraire pour nous rappeler notre propre perception d’une cohésion interne. Nous devons constamment garder celle-ci à l’esprit, devant continuellement lutter pour elle.
Pareille volonté, je l’ai ressentie à Palagnedra, car le monde n’est pas simplement „propre, en ordre “. Or, pour bénéficier de cet ordre, il faut lutter, par exemple pour éviter que le projet de barrage conçu par l’Italie ne sape l’avenir de la vallée d’Onsernone, pour éviter aussi qu’une route ne soit construite dans la dernière zone agricole et protégée de la plaine de Magadino dans un total mépris des exigences du développement durable. Il faut aussi lutter pour que la route qui traverse les Centovalli soit modernisée, mais se défendre en revanche contre la suppression des prestations de la Poste. Même si j’ai une connaissance théorique des différents dossiers, je suis d’autant plus impressionné de me retrouver sur le terrain, écoutant les personnes concernées au premier chef. Toute fête du 1er août est un rituel empreint de symbolisme. Or chaque rituel joue un rôle, celui de nous conduire à nous souvenir. J’en ai fais l’expérience hier et j’en sors enchanté.
Merci du fond du cœur et à tout bientôt.
Moritz Leuenberger
PS: (à propos de multilinguisme: le lendemain à l’hôtel à Locarno, des Suisses romands de Lausanne et Genève s’adressaient au personnel italophone en… anglais)
Pour déposer un commentaire, revenir à la page en allemand. Merci!

De retour de Palagnedra

