
Je m’incline aujourd’hui devant une reine du divertissement.
Je le fais d’autant plus volontiers que l’on me reproche régulièrement de bouder le divertissement. Mais c’est un malentendu. Ce n’est pas parce que certaines émissions ne me disent rien ou que je trouve certains animateurs un peu simplistes que je serais hostile au divertissement en tant que tel. Bien au contraire, j’aime le divertissement et n’ai pas manqué de le dire publiquement (par exemple dans mon hommage à Thomas Gottschalk).
Mais à côté de Trudi Gerster, la reine du divertissement, Gottschalk fait bien pâle figure.
Depuis bien plus d’un demi-siècle, sa fabuleuse voix résonne dans les chambres des enfants, des parents, dans le salon du Conseil fédéral, en les emplissant de ces merveilleuses histoires du monde des animaux parlants, des magiciens, sorciers et dragons.
Elle n’a pas son pareil pour rendre vivants des rois grenouilles et des chats bottés, éveillant ainsi non seulement mon imagination, mais celle de toute la Suisse.
Grâce à elle, je sais que ce ne sont pas les gestionnaires, les généraux ou les sept conseillers fédéraux qui forment l’épine dorsale de notre pays, mais des nains, des géants, des dragons et d’insolents gnomes… même si, je l’avoue, il m’arrive parfois de voir certains parallèles !
Les contes sont l’essence du divertissement, ils constituent l’infrastructure culturelle de toute société. Ils transmettent d’une génération à l’autre les valeurs du Bien et du Mal.
Par son art, elle a enchanté et marqué des générations d’enfants, de parents et de grands-parents. Nous le savons tous: elle restera toujours la plus belle et la plus grande reine des conteuses de tout le pays.
La semaine dernière, je l’en ai remerciée dans une lettre en lui adressant mes meilleurs vœux pour son 90e anniversaire.
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