Le cours de premier secours
Ma participation – enfin - à un cours de premier secours était à la fois une initiative privée et publique. Rendez-vous fut pris la semaine dernière auprès de l’Alliance suisse des Samaritains pour un cours de remise à niveau. Nous – l’Association et moi-même - avons alors imaginé qu’il était important que l’événement soit couvert par les médias, parce qu’en cas d’accident, les premiers secours sont souvent déterminants. C’est parfois une question de vie ou de mort. Ma participation devait donc aussi contribuer à la promotion de ces cours.Avec sept autres participantes (qui ont été averties au dernier moment de la présence d’un conseiller fédéral accompagné de quelques journalistes), j’ai suivi attentivement les explications de l’animatrice tout en participant à divers petits exercices pratiques. Les journalistes attendaient impatiemment de me voir à l’œuvre sur un mannequin. C’est là que survint la première question : «Porteriez-vous aussi secours à Monsieur Blocher ? » Un peu irrité, j’ai répondu «Oui, c’est bien le but des premiers secours, aider toute personne en danger. » La question suivante ne se fit pas attendre : « Mais si là maintenant Monsieur Blocher…. » J’ai alors dû interrompre : « L’objectif est d’apprendre les premiers secours et de montrer au public que c’est très important. Il ne s’agit pas de raconter des histoires sans intérêt sur le Conseil fédéral.» Le journaliste n’insiste pas. C’est alors qu’un autre journaliste, d’une radio locale, prend la relève. J’ai d’abord la possibilité de m’exprimer sur le sens de ces cours et leur contribution à réduire le nombre des victimes de la route, mais à nouveau il poursuit en disant : « Vous avez dit, Monsieur Blocher… ». Ma réponse : « Je n’ai rien dit au sujet de Blocher, on m’a posé une question à son sujet et j’ai répondu que ce sujet n’avait pas sa place ici. ». Il persiste : « Mais Monsieur Blocher…. » La discussion se poursuit. Le ton monte. Je me refuse à alimenter une guéguerre Blocher/Leuenberger. Le journaliste de la radio locale finit par quitter la salle, dépité et de mauvaise humeur. Le cours reprend.
D’autres interviews se succèdent. 10 vor 10 fait un reportage instructif, d’autres prennent des photos. C’est alors que le journaliste qui était le premier à vouloir broder sur les querelles entres conseillers fédéraux revient à la charge. Enfin il comprend que le Conseil fédéral n’est pas à l’ordre du jour et que seule compte la sécurité routière. Je le rends attentif au programme via sicura, à la proposition du « zéro pour mille » pour les jeunes conducteurs. Une proposition déjà connue certes mais malheureusement plus que d’actualité en raison des accidents de la route d’il y a quinze jours Qui sait ? Il y a peut-être là de quoi faire un gros titre ?
Et puis, ce week-end, l’article paraît dans un journal du dimanche avec pour titre „Moritz Leuenberger ne plaisante plus! » (Soit mais voir à ce sujet le passage de mon livre consacré à la politique des effets d’annonce…). Le sujet est repris par le Téléjournal alémanique alors que l’idée n’est pas nouvelle. Et que faire des journalistes frustrés qui auraient tant aimé se mettre une petite histoire du Conseil fédéral sous la dent pendant les exercices de premier secours ? Nous allons les envoyer à un cours de premiers secours où ils apprendront qu’il y a des problèmes autrement plus importants en ce bas monde.
A bientôt
Moritz Leuenberger
Pour déposer un commentaire, revenir à la page en allemand. Merci!


