Assemblée communale à Bali

Moritz Leuenberger s’adressant aux délégués à la Conférence sur le climat à Bali. (KEYSTONE)

Moritz Leuenberger s’adressant aux délégués à la Conférence sur le climat à Bali. (KEYSTONE)


Je le dis régulièrement: on retrouve les mêmes mécanismes sur la scène mondiale qu’au niveau local; il s’agit des mêmes conflits au sujet d’intérêts économiques, sociaux et écologiques, des mêmes luttes d’influence et de pouvoir. A Bali, j’ai également été frappé de voir que même la dynamique de groupe, c’est-à-dire l’influence des atmosphères et des émotions, est tout aussi efficace dans la communauté internationale qu’au sein d’une assemblée communale.

Vendredi, les négociations n’ont pas pu s’achever comme prévu, aucun accord n’ayant encore été trouvé sur certains points. Certains sous-groupes continuaient de négocier à la recherche de compromis (la Suisse était d’ailleurs représentée dans chacun d’entre eux). Samedi matin, nouvelle réunion du plénum (bien que la fin de la conférence ait été fixée à vendredi). Certains ont alors dû de nouveau réserver un hôtel et reporter leur retour. Pourtant, aucun accord n’était trouvé samedi matin non plus. Samedi après-midi, les groupements de pays ont été appelés à se prononcer sur un document qui leur était présenté. L’Inde exigea encore un petit complément, puis l’UE accepta le document, de même que la Suisse au nom du groupe qu’elle présidait (Mexique, Corée, Liechtenstein et Monaco). Puis les USA prirent la parole. Invoquant une objection, ils refusèrent de donner leur accord. Concert de sifflets et de huées suivi de critiques virulentes, notamment de Costa Rica et de l’Afrique du sud. Alors, la représentante des Etats-Unis se leva pour déclarer qu’elle aussi souhaitait un consensus. Déclaration qui fut accueillie par des applaudissements spontanés, qui s’amplifièrent graduellement. Successivement, tout le plénum se leva pour offrir une standing ovation, bien que les Etats-Unis n’aient nullement retiré leur objection. Cependant, la délégation américaine se laissa peu à peu séduire par l’interprétation du plénum, se leva à son tour pour se joindre aux applaudissements et retirer son objection, à tel point que le président pu constater le consensus. La communauté internationale réagissait donc de manière aussi émotionnelle qu’une assemblée communale, où plusieurs citoyens se retrouvent, à l’écoute des autres, sensibles aux sentiments et disposés à aboutir à un résultat dans l’intérêt de tous.
J’ai déjà évoqué ce phénomène dans plusieurs interviews et, chose étonnante, les réactions étaient toujours consternées: n’est-il pas effrayant de constater que nos décisions sont dictées par nos émotions? (Ecouter à ce sujet mon interview de lundi à la radio)
Ce qui compte finalement, c’est que les pays soient prêts à revenir sur leur position. C’est ce que nous attendions des Etats-Unis depuis longtemps. Le fait qu’ils aient changé d’avis sous le coup de l’opinion mondiale, qui pour une fois s’est fait entendre de vive voix, est tout ce qui a de plus naturel. Les émotions sont aussi ce qui fait vivre la politique. Le travail de conviction mutuelle ne se fait pas seulement à coups d’arguments rationnels, mais tout autant avec le cœur.

Pour moi, Bali signifie donc l’espoir de voir éclore une politique climatique mondiale. Certes, le chemin conduisant à des mesures contraignantes sera encore long et nous avons encore du pain sur la planche. Mais un premier pas a été franchi.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Gemeindeversammlung in Bali

[Version française Assemblée communale à Bali]

Moritz Leuenberger spricht zu den Delegierten an der Klima-Konferenz in Bali. (KEYSTONE)

Moritz Leuenberger spricht zu den Delegierten an der Klima-Konferenz in Bali. (KEYSTONE)

Ich behaupte ja immer wieder, es wiederholten sich auf der globalen Bühne dieselben Mechanismen, die wir von lokalen Ebenen kennen; das heisst dieselben Konflikte um wirtschaftliche, soziale und ökologische Interessen, dieselben Kämpfe um Einfluss und Macht. Dass selbst das Phänomen der Gruppendynamik, also die gegenseitige Beeinflussung durch Stimmungen und Gefühle der Weltgemeinde nicht fremder ist als einer Gemeindeversammlung, erfuhr ich in Bali eindrücklich.

Am Freitag konnten die Verhandlungen nicht wie vorgesehen abgeschlossen werden, da in einigen Punkten noch keine Übereinstimmung vorlag. In Untergruppen wurde weiter verhandelt und nach Kompromissen gesucht (in allen Untergruppen war übrigens die Schweiz vertreten) und das Plenum auf Samstag Morgen wieder einberufen (obwohl das Ende der Versammlung auf Freitag festgesetzt war). Manche mussten also erneut ein Hotel buchen und Rückflüge verschieben. Doch auch Samstag Vormittag konnte noch keine Einigung gefunden werden. Samstag Nachmittag lag dann ein Dokument vor, zu welchem sich die Ländergruppen äusserten. Indien verlangte noch einen Zusatz, die EU akzeptierte das Dokument und auch die Schweiz im Namen der von ihr präsidierten Gruppe Mexiko, Korea, Liechtenstein und Monaco. Dann äusserten sich die USA. Sie erhoben einen Einwand und verweigerten die Zustimmung. Buh-Rufe, Pfiffe gefolgt von scharfen Erklärungen unter anderem von Costa Rica, Südafrika und anderen. Da erhob sich die Vertreterin der USA, und betonte, sie suche ja durchaus auch den Konsens. Das trug ihr spontanen Applaus ein, der langsam anschwoll. Das ganze Plenum erhob sich sukzessive, und es gab standing ovations, obwohl die USA den Einwand ja gar nicht zurückgezogen hatten. Doch die Delegation der USA liess sich von der Interpretation des Plenums langsam anstecken, erhob sich ebenfalls und klatschte, zog dermassen also den vorher erhobenen Einspruch zurück. und der Präsident konnte Konsens feststellen.
Die Weltengemeinschaft verhielt sich also so emotional wie eine Gemeindeversammlung, in der verschiedene Bürgerinnen und Bürger tatsächlich aufeinander eingehen, sich zuhören, sich auch bewegen lassen und auch gewillt sind, im Interesse des Ganzen ein Resultat zu erreichen.

Ich habe diesen Ablauf bereits in mehreren Interviews erzählt und merkwürdigerweise wurden mir immer entsetzte Rückfragen gestellt: Ob es denn nicht erschreckend sei, dass da nach Gefühlen entschieden werde ? (vgl. dazu das «Tagesgespräch» von Radio DRS)

Wichtig ist doch, dass auch Staaten bereit sind, den eigenen Standpunkt zu überdenken und ihn zu ändern. Das wollten wir ja von den USA schon lange. Dass sie ihre Haltung auch unter dem Eindruck der Weltmeinung, die für einmal in einem Saal akustisch zum Ausdruck kam, änderten, ist nichts als natürlich. Politik lebt eben auch von Gefühlen. Die gegenseitige Überzeugungsarbeit erfolgt nicht nur mit kühlen Argumenten, sondern ebenso mit dem Herzen.

Für mich war Bali daher ein hoffnungsvolles Erlebnis für eine globale Klimapolitik. Gewiss, es ist noch ein langer Weg zu verbindlichen Massnahmen und es wartet noch unglaublich viel Arbeit auf uns, doch ein Anfang ist gemacht.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Klimakonferenz

[Version française Conférence sur le climat]

Das Schweizer Solartaxi auf seiner Fahrt rund um die Erde in Bali (Bild aus solartaxi.blueblog.ch)

Das Solartaxi auf seiner Fahrt rund um die Erde in Bali - ein Schweizer Beitrag für ein gutes Klima (Bild aus solartaxi.blueblog.ch)

Obwohl ich ja ein politischer Insider bin, konnte ich diesen Verlauf der Bundesratswahlen nicht ahnen, als ich meinen letzten Beitrag schrieb und so steht dieser jetzt etwas einsam und auch bizarr in der Bloglandschaft.

Die Stabilität in der Politik besteht ja nicht nur in der politischen und personellen Zusammensetzung der Regierung, sondern vor allem in der politischen Arbeit. In Systemen mit Mehrheitsregierung geht jeweils sehr viel know how verloren, wenn nach einem einem Wahlsieg der Opposition die halbe Verwaltung ausgewechselt und nach parteipolitischen Bekenntnissen neu zusammengesetzt wird. Obwohl der Bundesrat personell für die nächste Legislatur noch nicht vollständig ist, setze ich also meine Arbeit fort und reise jetzt an die Klimakonferenz in Bali. Die meisten Umweltminister treffen jetzt ein, um die politischen Entscheide zu treffen. Mein Auftritt wird wohl erst um Freitagmorgen erfolgen können. Die Schlussentscheidungen werden am Nachmittag getroffen. Obwohl ich das Ergebnis natürlich liebend gerne als erstes hier im blog veröffentlichen würde, sind wohl die Medien schneller und Sie werden schon bald darüber orientiert sein, was Bali gebracht haben wird. Was ich davon halten werde, veröffentliche ich so bald ich kann hier auf dem Blog. Ich habe ja genügend Zeit. Hin- und Rückflug dauern je vierzehn Stunden.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Conférence sur le climat

Le taxi solaire à Bali au terme d’un long voyage autour du monde – une contribution suisse à la protection du climat (Photo : solartaxi.blueblog.ch)

Le taxi solaire à Bali au terme d’un long voyage autour du monde – une contribution suisse à la protection du climat (Photo : solartaxi.blueblog.ch)

Bien que je vive ces choses de très près, je ne pouvais pressentir un tel dénouement des élections du Conseil fédéral en écrivant ma dernière contribution, qui a maintenant l’air quelque peu insolite et solitaire.

La stabilité en politique ne réside pas seulement dans la composition politique et personnelle du gouvernement, mais avant tout dans le travail politique. Dans les systèmes électoraux à scrutin majoritaire, un important savoir se perd lorsque, après une victoire de l’opposition, la moitié de l’administration est remplacée par des gens choisis par la nouvelle équipe au pouvoir.

Bien que le Conseil fédéral ne soit pas encore au complet, je poursuis mon travail et m’en vais à la Conférence sur le climat à Bali. La plupart des ministres de l’environnement s’y rendent maintenant pour prendre les décisions politiques. Je n’y interviendrai vraisemblablement pas avant vendredi matin. Les résolutions finales seront prises l’après-midi. Je serais naturellement ravi de vous réserver la primeur du résultat sur mon blog, mais les médias seront sans doute plus rapides et vous ne tarderez pas à être au courant de ce que Bali aura apporté. Quant à mon avis à ce sujet, je le publierai dès que possible sur le blog. J’aurai suffisamment de temps pour cela puisque le retour durera 14 heures.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Wahre Liebe

[Version française Le véritable amour]

Amor und Psyche (William Bouguereau, L'enlèvement de Psyché)Der frühere Direktor des damaligen BUWAL, Philippe Roch, schiesst derzeit scharf auf Adolf Ogi (er habe sich wie ein Spitzel benommen), Ruth Dreifuss (sie sei eigentlich an seiner Scheidung schuld) und mich. Mir wirft er öffentlich vor, die Natur nicht wirklich zu lieben, sondern meine Klima- und Umweltpolitik nur aus persönlichem Opportunismus zu betreiben. Klar, dass eine derart gravierende Anklage gegenüber meiner inneren Einstellung öffentlich diskutiert werden muss. Und so kann ich denn in Zeitungen lesen, wie scharf beobachtet meine Seelenregungen sind. Die grüne Nationalrätin Maja Graf liess sich verlauten: „Er ist ein Städter und liebt die Kultur, also kann er gar nicht die Natur lieben, wie wir vom Land.“ (Maja Graf kommt natürlich aus dem Kanton Basel-Landschaft). Mein grüner Namensvetter aus Genf, Ueli Leuenberger, argumentiert hingegen so: „Hat man je einen Beweis für die Naturliebe Moritz Leuenbergers gesehen? Hat man je von ihm eine so eindeutige Aktion wie diejenige von Adolf Ogi gesehen, als dieser öffentlich Eier kochte? Nein, Leuenberger liebt die Natur nur zum Schein.“ Ach gäbe es doch nur wie bei der militärischen Gewissensprüfung die Möglichkeit, einen Liebestest vor den grünen Inquisitoren zu leisten, doch so bleibt ihre bestechende Logik unangefochten und ihr Verdikt lastet unwiderlegt auf meinem schuldigen Haupt und lieblosem Herz.

Doch fern meiner grausamen Richter will ich doch ganz vor mir allein mein Gewissen prüfen:

Wäre es denn klug, Umweltpolitik auf schrankenloser Liebe zur Natur aufzubauen? Ist es nicht so, dass der Mensch die Natur nutzt? Dass er sie, um sie auch künftig nutzen zu können, erhalten muss? Dass er sie so gestalten muss, dass alle Menschen, auch die künftigen Generationen in und von ihr leben können? Dass es mit Naturschutz allein nicht getan ist, weil auch die wirtschaftliche Tätigkeit möglich sein muss, und die Natur gerade deswegen nicht ausgebeutet werden darf, damit auch künftig menschliche Entwicklung und sozialer Zusammenhalt möglich ist? Dies ist die Grundidee der Nachhaltigkeit. Das ist wahre Liebe: Die Beziehung nachhaltig pflegen und sie nicht im Strohfeuer blinder Verliebtheit verbrennen.

Und noch etwas: Ich habe es in „Lüge, List und Leidenschaft“ im Kapitel 9 ausführlich zu beschreiben versucht: Was bringt es, darüber urteilen zu wollen, von welchen inneren Motiven politisches Handeln getrieben wird? Handelt nicht auch egoistisch, wer die Natur erhalten will? Denn er tut es ja zu seinem eigenen Vorteil. Die politische Diskussion über Gut und Böse ist an ihrer Wirkung und nicht an ihrem Motiv zu führen. Alles andere führt zur Ideologisierung der Politik und schliesslich zu Glaubenskriegen.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Le véritable amour

Amor und Psyche (William Bouguereau, L'enlèvement de Psyché)L’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, Philippe Roch, tire en ce moment à boulets rouges sur Adolf Ogi (qui se serait comporté comme un espion), sur Ruth Dreifuss (qui serait en fait responsable de son divorce) et sur moi. Il me reproche publiquement de ne pas vraiment aimer la nature mais de pratiquer une politique de protection du climat et de l’environnement par pur opportunisme. Il est clair qu’une accusation tellement grave par rapport à mes convictions profondes mérite d’être publiquement discutée. C’est ainsi que je peux lire dans les journaux combien mes états d’âme sont observés à la loupe. La conseillère nationale verte, Maja Graf a déclaré à ce sujet : « Moritz Leuenberger vient de la ville, il aime la culture, il ne peut donc pas aimer la nature comme nous qui venons de la campagne. » (Maja Graf vient évidemment du canton de Bâle-campagne). Quant à mon homonyme vert de Genève, Ueli Leuenberger, il s’est exprimé comme suit: „A-t-on jamais vu une preuve de l’amour de Moritz Leuenberger pour la nature ? A-t-il jamais fait une action d’éclat comme celle d’Adolf Ogi lorsqu’il a montré à la télévision comment cuire un œuf ? Non, Leuenberger ne fait que semblant de s’intéresser à la nature.“ Si seulement il existait comme pour l’examen de conscience militaire un test d’amour devant les inquisiteurs verts ! Comme ce n’est pas le cas, leur logique implacable reste incontestée et leur verdict est sans réplique à mon sujet.

Mais loin de mes juges impitoyables, je tiens à faire moi-même mon examen de conscience:

Serait-il intelligent de fonder la politique de l’environnement sur l’amour infini de la nature ? N’est-il pas vrai que l’homme exploite la nature ? Qu’il doit la conserver pour pouvoir continuer à l’exploiter ? Qu’il doit l’aménager de telle sorte que tous, y compris les générations futures, puissent y vivre et en tirer profit ? Qu’il ne suffit pas de protéger la nature, parce que l’activité économique doit aussi être possible et que, pour cette raison justement, la nature ne doit pas être surexploitée afin que le développement humain et la cohésion sociale soient possibles à l’avenir également. Tel est le principe fondamental du développement durable. C’est cela le véritable amour : cultiver durablement une relation et ne pas la laisser se consumer sur le feu éphémère de l’état amoureux.

Une dernière chose : j’en ai parlé au chapitre 9 de mon livre « Lüge, List und Leidenschaft ». Qu’est-ce que cela apporte de vouloir juger les motivations personnelles à l’origine de l’action politique ? Celui qui veut protéger la nature n’agit-il pas lui aussi de manière égoïste puisqu’il le fait par intérêt personnel ? Le débat politique sur ce qui est bien ou mal doit porter sur les résultats et non sur les motivations. Toute autre approche ne conduit qu’à l’idéologisation de la politique et finalement à des guerres de religion.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Pascals Wette

[Version française Le pari de Pascal]

Das Klima heizt offensichtlich auch die Kommentare an. Danke für Einsatz, Bilder und Zeichnungen. Offensichtlich stimulieren sie zur immer regerer Teilnahme, und ich darf die Lorbeeren für einen attraktiven Blog einsacken.

Ich bemerke aber auch, dass sich die Blog-Fronten in der Klimadebatte verhärten. Das gleicht nachgerade bedrohlich einer Parlamentsdebatte: Einige verlieren die Geduld und werten andere ab mit „Stuss, Müll und Schrott“. Ein Glaubenskrieg bahnt sich an.

Blaise Pascal (1623-1662) Ich gebe zu, es ist gerade in der Klimadebatte mit den unzähligen Fakten, Meinungen und Bewertungen schwierig, sich zu orientieren. Marco Passardi zeigt in einem seiner Kommentare jedoch einen möglichen Weg. Er hält sich an die berühmt gewordene Wette des französischen Denkers Blaise Pascal: Wenn wir darauf wetten, dass es Gott gibt und uns entsprechend verhalten, dann haben wir keinen Schaden, wenn wir die Wette verlieren. Wenn wir aber darauf wetten, dass es Gott nicht gibt (und uns entsprechend verhalten), dann ist der Schaden sehr gross, wenn wir die Wette verlieren. Es geht dabei nicht um die Frage, ob Gott existiert oder nicht. Sondern es geht darum, ob wir besser fahren, wenn wir uns verhalten, als ob Gott existiere oder nicht.

Auch wenn der eine oder andere noch daran zweifelt, dass der Klimawandel menschengemacht ist: wir fahren eindeutig besser, wenn wir alles tun, um ihn zu bremsen. Das hat sich schon beim Waldsterben gezeigt. Wissenschaft, Politik, Parteien und Verbände haben aus Beobachtungen und Indizien geschlossen, dass der Wald sterben würde, wenn nichts geschieht und sie haben entsprechend gehandelt. Auch wenn sich nach einem Jahrzehnt herausgestellt hat, dass mit den Befürchtungen etwas übertrieben wurde, so haben wir dennoch nicht nur nichts verloren, sondern im Gegenteil: Dank Errungenschaften wie dem Katalysator und der Luftreinhalteverordnung haben wir heute weit weniger Emissionen – zum Wohle von uns allen. Niemand möchte darauf verzichten.

Solche Überlegungen stellen wir in der Politik und im Alltag immer wieder an. Ich greife zurück auf den vorherigen Beitrag mit dem Vorschlag 0,0 Promille für Neulenker und Berufschauffeure: Natürlich gibt es auch unter ihnen viele, die mit ein bisschen Alkohol unfallfrei nach Hause gelangen. Aber wir wetten nicht darauf, dass das immer der Fall sei. Und so verlieren denn auch sie nichts, wenn sie nur ohne Alkohol ans Steuer dürfen. Aber einige Unfallopfer können dadurch enorm viel gewinnen – das Leben.

Bis bald

Moritz Leuenberger


La pari de Pascal

Apparemment le climat enflamme également vos commentaires. Je tiens à vous remercier pour vos contributions, vos photos et vos dessins. Ils contribuent au succès toujours plus grand que rencontre mon blog, pour lequel j’ai même été couvert de lauriers.

Mais je constate aussi que les différents fronts se durcissent quand il est question de climat, à l’instar du débat parlementaire : certains perdent patience et vont jusqu’à rejeter en bloc et avec véhémence les arguments défendus par d’autres. C’est une véritable guerre de religion qui se profile.

Blaise Pascal (1623-1662) J’admets qu’il est difficile de s’y retrouver dans la discussion sur le climat, avec ses innombrables constats, opinions et appréciations. Dans l’un de ses commentaires, Marco Passardi indique néanmoins une issue possible. Il cite le célèbre pari de Blaise Pascal : si nous parions que Dieu existe et que nous nous comportons en conséquence, nous ne subirons aucun dommage si nous perdons le pari. En revanche, si nous parions que Dieu n’existe pas (et que nous nous comportons en conséquence), le dommage sera immense si nous perdons le pari. Ce n’est pas la question de savoir si Dieu existe ou non. Il s’agit bien plus de savoir quel comportement adopter pour avoir les meilleures chances de s’en sortir.

Même si certains d’entre vous mettent encore en doute le fait que le changement climatique est imputable à l’être humain, nous avons de bien meilleures chances de nous en sortir si nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour le freiner. Pareil comportement a déjà fait ses preuves pour la mort des forêts. Les milieux scientifiques et politiques, les partis et les associations avaient conclu sur la base d’observations et d’indices que la forêt allait mourir si rien n’était entrepris et ils ont agi en conséquence. Même si, une décennie plus tard, il s’avère que les craintes étaient plutôt alarmistes, force est de constater que nous n’avons rien perdu, bien au contraire. Grâce à des mesures telles que le catalyseur et l’ordonnance sur la protection de l’air nous avons réduit sensiblement les émissions, et ce pour le bien-être de tous. Aujourd’hui, personne ne voudrait plus s’en passer.

Aussi bien dans la politique que dans la vie de tous les jours nous nous livrons à de telles réflexions. Je me réfère à une précédente contribution dans laquelle j’avais proposé le zéro pour mille pour les jeunes conducteurs et les chauffeurs professionnels. Certes, parmi eux, nombreux sont ceux qui, malgré un petit verre, rentrent à la maison sans avoir causé d’accident. Mais nous ne pouvons pas parier sur le fait qu’il en soit toujours ainsi. C’est pourquoi eux non plus ne perdront rien au fait de devoir choisir entre boire et conduire. En revanche, certaines victimes de la route en retireront un gain énorme, à savoir la vie sauve.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Die Regenmacher

[Version française Les faiseurs de pluie]

Es ist nicht immer leicht, die Welt zu verstehen.
  • Am Sonntag protestierten Zehntausende von Menschen in Australien gegen die Untätigkeit von Parteien und Regierung im Kampf gegen den Klimawandel.

  • Der bürgerliche Präsident Sarkozy will Frankreich zum führenden Land im Kampf gegen den Klimawandel machen. Er weiss, dass dadurch ausgelöste Milliardeninvestitionen französischen Unternehmen zu Gute kommen werden.

  • Kaliforniens Gouverneur Arnold Schwarzenegger, ein Parteigänger von US-Präsident Bush, hat die Umweltbehörde der Vereinigten Staaten eingeklagt – weil das Amt im Kampf gegen die Luftverschmutzung durch die Automobile zu zögerlich ist.

  • In der Schweiz feiern grüne Politikerinnen und Politiker Erfolge bei den Wahlen in den National- und in den Ständerat, weil sich das Schweizer Volk Sorgen macht wegen der Auswirkungen der Klimaänderung in unserem Lebensraum.
«Leuenberger mit Klimapolitik im Regen»: Ausriss aus der NZZ am Sonntag vom 11.11.2007Im Gegensatz zu wirklichen Wirtschaftskapitänen scheint dies einige Berufsfunktionäre nicht im Geringsten zu berühren. Einmal mehr benützen Verbandssekretäre und ihre Indiskretionsspezialisten im Bundeshaus ein internes Verfahren (die sogenannte Ämterkonsultation), um via Sonntagspresse gegen unsere Aktionspläne mobil zu machen. Insbesondere ist ihnen nach wie vor ein Dorn im Auge, dass der CO2-Ausstoss auch in der Schweiz reduziert werden sollte. Die CO2-Abgabe mit Teilzweckbindung, so der altbekannte Ohrwurm, würde den Werkplatz Schweiz gefährden.

Dies obwohl bürgerliche und konservative Politikerinnen und Politiker in führenden Wirtschaftsnationen längst erkannt haben, dass der Kampf gegen den Klimawandel auch wirtschaftlich eine Chance ist. Für Innovationen und für Investitionen in die Reduktion des Energieverbrauchs. Das bedeutet Arbeit für viele Gewerbebetriebe und Handwerker und neue Märkte und Absatzchancen für weltweit tätige Schweizer Firmen. Gerade Wirtschaftsverbände müssten ein Interesse haben, dass die Schweiz bei dieser industriellen Revolution zuvorderst mitmacht. Die Aktionspläne enthalten lauter wachstumsfördernde Massnahmen. Und immer noch beschränkt sich die Innovationskraft einiger Berufsvertreter unserer Wirtschaft auf das Lobbying gegen klimapolitische Ideen.

Manchmal ist es leichter, die Welt zu verstehen als Seconomiesuisse.

Bis bald

Moritz Leuenberger



Les faiseurs de pluie

Le monde n’est pas toujours très facile à comprendre.

- Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en Australie contre l’inaction des partis et du gouvernement dans la lutte contre les changements climatiques.

- Le président de droite Nicolas Sarkozy veut placer la France à la tête des pays luttant contre les changements climatiques. Il sait que les milliards qui seront ainsi investis profiteront aux entreprises françaises.

- Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie et collègue de parti du président Bush, a intenté une action en justice contre l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis qui ne lutterait pas assez énergiquement contre la pollution des automobiles.

- En Suisse, les verts remportent des succès aux élections au Conseil national et au Conseil des Etats parce que le peuple suisse s’inquiète des répercussions des changements climatiques sur le milieu vital.

«Leuenberger mit Klimapolitik im Regen»: Ausriss aus der NZZ am Sonntag vom 11.11.2007
Contrairement aux vrais capitaines de l’économie, cela ne paraît pas émouvoir le moins du monde quelques fonctionnaires de métier.

Une fois de plus, certains secrétaires d’association et leurs spécialistes des indiscrétions au Palais fédéral utilisent une procédure interne (que l’on appelle la « consultation des offices ») pour faire campagne contre nos plans d’action par le biais de la presse dominicale.

Ils n’apprécient notamment toujours pas le fait que la Suisse devra elle aussi réduire ses émissions de CO2. Selon un refrain bien connu, la taxe sur le CO2 avec affectation partielle des recettes menacerait la place économique suisse.

Et cela bien que des politiciens bourgeois et conservateurs des principales nations économiques aient reconnu depuis longtemps que la lutte contre les changements climatiques constituait aussi une chance sur le plan économique. Une chance de susciter des innovations et des investissements dans la réduction de la consommation énergétique, de donner du travail à de nombreuses entreprises industrielles et artisanales et d’ouvrir de nouveaux débouchés pour des entreprises suisses opérant à l’échelle mondiale. Les associations économiques devraient précisément être particulièrement intéressées à ce que la Suisse joue un rôle de premier plan dans cette révolution industrielle. Les plans d’action contiennent une panoplie de mesures favorables à la croissance. Et néanmoins la force d’innovation de certains représentants de notre économie se borne à faire campagne contre les idées de la politique climatique.

Il est parfois plus facile de comprendre le monde que seconomiesuisse.

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