Poursuivre vaillamment sa route

Carte de voeux de Nouvel An

Ayant découvert ma propre sur un autre blog, celui du Stadtwanderer, je m’empresse de la dédier maintenant aux lecteurs de mon blog en leur souhaitant de poursuivre vaillamment leur route.

Depuis que j’ai été élu au Conseil fédéral, je choisis chaque année un tableau de mon frère Dieter pour ma carte de Nouvel An. Combiné avec mes vœux, le sens du message se renouvelle ainsi chaque année tout en étant toujours interprété des manières les plus diverses par ses destinataires. Pour faciliter la compréhension de la carte de cette année, je préciserai qu’elle a été conçue bien avant les élections. Comme il ressortait de mon avant-dernière contribution, je m’étais attendu à un autre résultat, ainsi que je dois d’ailleurs aussi régulièrement le rappeler lors des présentations de mon livre, car certains croient même que, avec une subtilité extrême, j’avais choisi le titre « Lüge, List und Leidenschaft » (Mensonge, ruse et passion) en prévision de l’issue des élections. Non, comme je le relève moi-même dans le livre, certaines manœuvres de politiciens apparaissent comme de la tactique mais ne sont en vérité que le fruit d’un pur hasard. Puisque nous fêtons justement Noël, je ne m’attarderai pas ici sur le fait que de nombreuses personnes ne croient pas au hasard, que ce soit par conviction religieuse, philosophique ou scientifique.

La carte de Noël le montre: le travail politique consiste toujours dans le dévouement passionné au service d’un avenir plein d’espérance et dans la progression pénible à travers un terrain sablonneux. Je ne sais pas en ce moment comment le Conseil fédéral fonctionnera dans sa nouvelle composition, pas plus qu’on ne le savait il y a encore quatre ans. Dans la composition qui n’avait pas été prévue à l’époque, le Conseil fédéral est tout de même parvenu à faire avancer un bon nombre de projets (fonds d’infrastructure pour les transports publics, taxe sur le CO2, le centime climatique était un compromis qui a son importance, le développement de l’infrastructure ferroviaire, la stratégie énergétique, les plans d’action, etc.) Je ne sais pas encore comment le nouveau Parlement et son grand groupe UDC s’accommoderont de la nouvelle situation. La tactique en vue d’obtenir une majorité dans la politique énergétique, environnementale et des transports sera certainement différente, mais non les objectifs, c’est-à-dire la « stratégie » pour employer un terme emprunté à la langue martiale.

Le recueillement des jours de Noël et les rétrospectives de fin d’année, les rituels des vœux et des bonnes résolutions pour le nouvel an sont propices à la méditation. J’aimerais à ce propos remercier de tout mon cœur ceux qui ont participé à mon blog. Les suggestions et les réflexions m’importent beaucoup, même s’il ne m’est pas possible de répondre à chaque commentaire. C’est ainsi que je comprends parfaitement les souhaits d’Urs P. Ruegger de l’entreprise Simec, qui était présent lors du débat organisé à Zofingue sur mon livre et qui a fait part de ses grandes préoccupations concernant les PME à cause de la surréglementation - laquelle est aussi indirectement due à nos rapports complexes avec l’UE. C’est absurde : parfois même l’Etat pâtit de cette surréglementation. Que ne me suis-je pas énervé à cause des procédures de recours qui retardent l’octroi du mandat pour l’installation de la technique ferroviaire dans le tunnel de base du Saint-Gothard ! Nous aurons certainement un travail important à accomplir à ce sujet durant la prochaine législature. C’est aussi vraiment le sens de ce blog: me donner des suggestions pour mon travail.

Dans cet esprit, je vous souhaite à tous des fêtes reposantes et une bonne Nouvelle Année.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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wacker weiter wandern

Version française Poursuivre vaillamment sa route

Neujahrskarte von Moritz Leuenberger, mit einem Bild von Dieter Leuenberger
Neujahrskarte von Moritz Leuenberger, mit einem Bild von Dieter Leuenberger

Nachdem ich auf dem Stadtwandererblog meine eigene Neujahrskarte mit meinen Wünschen entdeckte, will ich mich doch beeilen, dieselbe meiner eigenen Bloggemeinde zu widmen mitsamt meinem Wunsch, wacker weiter zu wandern.

Seit ich im Bundesrat bin, wähle ich jährlich ein neues Bild meines Bruders Dieter als Neujahrskarte aus. In Kombination mit meinem Neujahrswunsch ergibt sich immer eine aktuelle Aussage, die allerdings von allen Adressaten stets völlig verschieden interpretiert wird. Zur diesjährigen Interpretationshilfe muss ich festhalten, dass sowohl Karte als auch Wunsch längst vor den Wahlen entstanden. Wie schon aus meinem vorletzten Beitrag ersichtlich wurde, habe ich mit einem anderen Wahlausgang gerechnet, wie ich das übrigens auch anlässlich der Vorstellungen meines Buches immer wieder festhalten muss, denn es gibt sogar Leute, die glauben, dessen Titel „Lüge. List und Leidenschaft“ sei von mir höchst raffiniert im Hinblick auf den Wahlausgang gewählt worden. Nein, wie ich im Buch selber ja auch festhalte, erscheint manches Vorgehen eines Politikers als vermeintliche Taktik, während in Tat und Wahrheit der reine Zufall Regie führt. Dass viele nicht an den Zufall glauben, sei es aus religiöser, aus philosophischer oder aus naturwissenschaftlicher Überzeugung, will ich ausgerechnet an Weihnachten nicht auch noch thematisieren.

Die Weihnachtskarte zeigt es: Politische Arbeit besteht immer im leidenschaftlichen Wirken für eine hoffnungsfrohe Zukunft und immer im mühsamen Gang durch sandigen Boden. Ich weiss derzeit noch nicht, wie der neu zusammengesetzte Bundesrat funktionieren wird, so wie das vor vier Jahren auch noch niemand so richtig wusste. Trotzdem hat der Bundesrat in dieser damals nicht vorgesehenen Zusammensetzung doch sehr vieles erreicht (Infrastrukturfonds für den öffentlichen Verkehr, CO2-Abgabe, der Klimarappen war ein Kompromiss und auch ein solcher hat eben seine Bedeutung, der Ausbau der Bahninfrastruktur, die Energiestrategie, die Aktionspläne etc). Ich weiss noch nicht, wie sich das neue Parlament zusammen mit der grossen SVP-Fraktion auf die neue Situation einstellen wird. Die Taktik für Mehrheiten in der Energie-, Umwelt- und Verkehrspolitik wird zweifellos eine andere sein, doch nicht die Ziele, nicht die Strategie, um diesen, der Kriegssprache entlehnten Ausdruck zu verwenden.

Um diese neu zu überdenken und zu festigen, dienen ja die Besinnlichkeit und Rückschau an den Weihnachtstagen und die Rituale um gute Wünsche und gute Vorsätze zum neuen Jahr. Und da möchte ich jetzt mal allen von ganzem Herzen danken, welche sich an meinem Blog beteiligten. Die Anregungen und Bedenken sind für mich sehr wichtig, selbst wenn ich nicht auf jeden Kommentar eingehen kann. So habe ich sehr grosses Verständnis für die Anliegen von Urs P. Ruegger von der Firma Simec, der an der Diskussion über mein Buch in Zofingen war und grosse Sorgen für die KMU wegen der Überreglementierung äussert, welche indirekt auch durch unser kompliziertes Verhältnis zur EU verursacht ist. Es ist absurd: Manchmal leidet sogar der Staat selber an Überreglementierung. Was habe ich mich geärgert über die verzögernden Rechtsmittelverfahren bei der Vergabe für die Bahntechnik der NEAT. Hier haben wir sicher eine wichtige Aufgabe in der nächsten Legislatur. Das ist ja wirklich auch der Zweck dieses Blogs: Mir Anregungen für meine Arbeit zu geben.

In diesem Sinne wünsche ich Euch allen besinnliche Festtage und ein gutes neues Jahr.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Assemblée communale à Bali

Moritz Leuenberger s’adressant aux délégués à la Conférence sur le climat à Bali. (KEYSTONE)

Moritz Leuenberger s’adressant aux délégués à la Conférence sur le climat à Bali. (KEYSTONE)


Je le dis régulièrement: on retrouve les mêmes mécanismes sur la scène mondiale qu’au niveau local; il s’agit des mêmes conflits au sujet d’intérêts économiques, sociaux et écologiques, des mêmes luttes d’influence et de pouvoir. A Bali, j’ai également été frappé de voir que même la dynamique de groupe, c’est-à-dire l’influence des atmosphères et des émotions, est tout aussi efficace dans la communauté internationale qu’au sein d’une assemblée communale.

Vendredi, les négociations n’ont pas pu s’achever comme prévu, aucun accord n’ayant encore été trouvé sur certains points. Certains sous-groupes continuaient de négocier à la recherche de compromis (la Suisse était d’ailleurs représentée dans chacun d’entre eux). Samedi matin, nouvelle réunion du plénum (bien que la fin de la conférence ait été fixée à vendredi). Certains ont alors dû de nouveau réserver un hôtel et reporter leur retour. Pourtant, aucun accord n’était trouvé samedi matin non plus. Samedi après-midi, les groupements de pays ont été appelés à se prononcer sur un document qui leur était présenté. L’Inde exigea encore un petit complément, puis l’UE accepta le document, de même que la Suisse au nom du groupe qu’elle présidait (Mexique, Corée, Liechtenstein et Monaco). Puis les USA prirent la parole. Invoquant une objection, ils refusèrent de donner leur accord. Concert de sifflets et de huées suivi de critiques virulentes, notamment de Costa Rica et de l’Afrique du sud. Alors, la représentante des Etats-Unis se leva pour déclarer qu’elle aussi souhaitait un consensus. Déclaration qui fut accueillie par des applaudissements spontanés, qui s’amplifièrent graduellement. Successivement, tout le plénum se leva pour offrir une standing ovation, bien que les Etats-Unis n’aient nullement retiré leur objection. Cependant, la délégation américaine se laissa peu à peu séduire par l’interprétation du plénum, se leva à son tour pour se joindre aux applaudissements et retirer son objection, à tel point que le président pu constater le consensus. La communauté internationale réagissait donc de manière aussi émotionnelle qu’une assemblée communale, où plusieurs citoyens se retrouvent, à l’écoute des autres, sensibles aux sentiments et disposés à aboutir à un résultat dans l’intérêt de tous.
J’ai déjà évoqué ce phénomène dans plusieurs interviews et, chose étonnante, les réactions étaient toujours consternées: n’est-il pas effrayant de constater que nos décisions sont dictées par nos émotions? (Ecouter à ce sujet mon interview de lundi à la radio)
Ce qui compte finalement, c’est que les pays soient prêts à revenir sur leur position. C’est ce que nous attendions des Etats-Unis depuis longtemps. Le fait qu’ils aient changé d’avis sous le coup de l’opinion mondiale, qui pour une fois s’est fait entendre de vive voix, est tout ce qui a de plus naturel. Les émotions sont aussi ce qui fait vivre la politique. Le travail de conviction mutuelle ne se fait pas seulement à coups d’arguments rationnels, mais tout autant avec le cœur.

Pour moi, Bali signifie donc l’espoir de voir éclore une politique climatique mondiale. Certes, le chemin conduisant à des mesures contraignantes sera encore long et nous avons encore du pain sur la planche. Mais un premier pas a été franchi.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Gemeindeversammlung in Bali

[Version française Assemblée communale à Bali]

Moritz Leuenberger spricht zu den Delegierten an der Klima-Konferenz in Bali. (KEYSTONE)

Moritz Leuenberger spricht zu den Delegierten an der Klima-Konferenz in Bali. (KEYSTONE)

Ich behaupte ja immer wieder, es wiederholten sich auf der globalen Bühne dieselben Mechanismen, die wir von lokalen Ebenen kennen; das heisst dieselben Konflikte um wirtschaftliche, soziale und ökologische Interessen, dieselben Kämpfe um Einfluss und Macht. Dass selbst das Phänomen der Gruppendynamik, also die gegenseitige Beeinflussung durch Stimmungen und Gefühle der Weltgemeinde nicht fremder ist als einer Gemeindeversammlung, erfuhr ich in Bali eindrücklich.

Am Freitag konnten die Verhandlungen nicht wie vorgesehen abgeschlossen werden, da in einigen Punkten noch keine Übereinstimmung vorlag. In Untergruppen wurde weiter verhandelt und nach Kompromissen gesucht (in allen Untergruppen war übrigens die Schweiz vertreten) und das Plenum auf Samstag Morgen wieder einberufen (obwohl das Ende der Versammlung auf Freitag festgesetzt war). Manche mussten also erneut ein Hotel buchen und Rückflüge verschieben. Doch auch Samstag Vormittag konnte noch keine Einigung gefunden werden. Samstag Nachmittag lag dann ein Dokument vor, zu welchem sich die Ländergruppen äusserten. Indien verlangte noch einen Zusatz, die EU akzeptierte das Dokument und auch die Schweiz im Namen der von ihr präsidierten Gruppe Mexiko, Korea, Liechtenstein und Monaco. Dann äusserten sich die USA. Sie erhoben einen Einwand und verweigerten die Zustimmung. Buh-Rufe, Pfiffe gefolgt von scharfen Erklärungen unter anderem von Costa Rica, Südafrika und anderen. Da erhob sich die Vertreterin der USA, und betonte, sie suche ja durchaus auch den Konsens. Das trug ihr spontanen Applaus ein, der langsam anschwoll. Das ganze Plenum erhob sich sukzessive, und es gab standing ovations, obwohl die USA den Einwand ja gar nicht zurückgezogen hatten. Doch die Delegation der USA liess sich von der Interpretation des Plenums langsam anstecken, erhob sich ebenfalls und klatschte, zog dermassen also den vorher erhobenen Einspruch zurück. und der Präsident konnte Konsens feststellen.
Die Weltengemeinschaft verhielt sich also so emotional wie eine Gemeindeversammlung, in der verschiedene Bürgerinnen und Bürger tatsächlich aufeinander eingehen, sich zuhören, sich auch bewegen lassen und auch gewillt sind, im Interesse des Ganzen ein Resultat zu erreichen.

Ich habe diesen Ablauf bereits in mehreren Interviews erzählt und merkwürdigerweise wurden mir immer entsetzte Rückfragen gestellt: Ob es denn nicht erschreckend sei, dass da nach Gefühlen entschieden werde ? (vgl. dazu das «Tagesgespräch» von Radio DRS)

Wichtig ist doch, dass auch Staaten bereit sind, den eigenen Standpunkt zu überdenken und ihn zu ändern. Das wollten wir ja von den USA schon lange. Dass sie ihre Haltung auch unter dem Eindruck der Weltmeinung, die für einmal in einem Saal akustisch zum Ausdruck kam, änderten, ist nichts als natürlich. Politik lebt eben auch von Gefühlen. Die gegenseitige Überzeugungsarbeit erfolgt nicht nur mit kühlen Argumenten, sondern ebenso mit dem Herzen.

Für mich war Bali daher ein hoffnungsvolles Erlebnis für eine globale Klimapolitik. Gewiss, es ist noch ein langer Weg zu verbindlichen Massnahmen und es wartet noch unglaublich viel Arbeit auf uns, doch ein Anfang ist gemacht.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Klimakonferenz

[Version française Conférence sur le climat]

Das Schweizer Solartaxi auf seiner Fahrt rund um die Erde in Bali (Bild aus solartaxi.blueblog.ch)

Das Solartaxi auf seiner Fahrt rund um die Erde in Bali - ein Schweizer Beitrag für ein gutes Klima (Bild aus solartaxi.blueblog.ch)

Obwohl ich ja ein politischer Insider bin, konnte ich diesen Verlauf der Bundesratswahlen nicht ahnen, als ich meinen letzten Beitrag schrieb und so steht dieser jetzt etwas einsam und auch bizarr in der Bloglandschaft.

Die Stabilität in der Politik besteht ja nicht nur in der politischen und personellen Zusammensetzung der Regierung, sondern vor allem in der politischen Arbeit. In Systemen mit Mehrheitsregierung geht jeweils sehr viel know how verloren, wenn nach einem einem Wahlsieg der Opposition die halbe Verwaltung ausgewechselt und nach parteipolitischen Bekenntnissen neu zusammengesetzt wird. Obwohl der Bundesrat personell für die nächste Legislatur noch nicht vollständig ist, setze ich also meine Arbeit fort und reise jetzt an die Klimakonferenz in Bali. Die meisten Umweltminister treffen jetzt ein, um die politischen Entscheide zu treffen. Mein Auftritt wird wohl erst um Freitagmorgen erfolgen können. Die Schlussentscheidungen werden am Nachmittag getroffen. Obwohl ich das Ergebnis natürlich liebend gerne als erstes hier im blog veröffentlichen würde, sind wohl die Medien schneller und Sie werden schon bald darüber orientiert sein, was Bali gebracht haben wird. Was ich davon halten werde, veröffentliche ich so bald ich kann hier auf dem Blog. Ich habe ja genügend Zeit. Hin- und Rückflug dauern je vierzehn Stunden.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Conférence sur le climat

Le taxi solaire à Bali au terme d’un long voyage autour du monde – une contribution suisse à la protection du climat (Photo : solartaxi.blueblog.ch)

Le taxi solaire à Bali au terme d’un long voyage autour du monde – une contribution suisse à la protection du climat (Photo : solartaxi.blueblog.ch)

Bien que je vive ces choses de très près, je ne pouvais pressentir un tel dénouement des élections du Conseil fédéral en écrivant ma dernière contribution, qui a maintenant l’air quelque peu insolite et solitaire.

La stabilité en politique ne réside pas seulement dans la composition politique et personnelle du gouvernement, mais avant tout dans le travail politique. Dans les systèmes électoraux à scrutin majoritaire, un important savoir se perd lorsque, après une victoire de l’opposition, la moitié de l’administration est remplacée par des gens choisis par la nouvelle équipe au pouvoir.

Bien que le Conseil fédéral ne soit pas encore au complet, je poursuis mon travail et m’en vais à la Conférence sur le climat à Bali. La plupart des ministres de l’environnement s’y rendent maintenant pour prendre les décisions politiques. Je n’y interviendrai vraisemblablement pas avant vendredi matin. Les résolutions finales seront prises l’après-midi. Je serais naturellement ravi de vous réserver la primeur du résultat sur mon blog, mais les médias seront sans doute plus rapides et vous ne tarderez pas à être au courant de ce que Bali aura apporté. Quant à mon avis à ce sujet, je le publierai dès que possible sur le blog. J’aurai suffisamment de temps pour cela puisque le retour durera 14 heures.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Glück und politische Stabilität

[Version française Bonheur et stabilité politique]

10. Dezember 2003 in der Vereinigten Bundesversammlung: Der Bundesrat wird vereidigt. (KEYSTONE/Lukas Lehmann)
10. Dezember 2003 in der Vereinigten Bundesversammlung: Der Bundesrat wird vereidigt. (KEYSTONE/Lukas Lehmann)

Mit der Welle von Hokusai als Illustration in meinem letzten Beitrag wollte ich eigentlich die konkreten Überschwemmungsgefahren von Naturkatastrophen mit den wogenden Emotionen der aktuellen Diskussionen um die Aufbewahrung der Waffen in Verbindung bringen. Doch nun symbolisiert sie ganz eindeutig die geballte Kraft der Kommentare. Diese erheben sich nicht nur im Umfang, sondern auch in ihrer argumentativen Differenzierung hoch über meinem Beitrag über Glück und Politik. Allerdings, das möchte ich doch gerne festhalten, habe ich meinen Beitrag durchaus im Sinne der weiter gedachten, kritischen Anmerkungen verstanden: Dass „Glück“ in der politischen Diskussion durch „definierte soziale Wertmassstäbe“ konkretisiert werden muss (Andreas Stäubli), ist mir natürlich auch klar und mit den Beispielen Gesundheit, Wohlstand etc, habe ich erste solche Konkretisierungen genannt. Diese werden selbstverständlich in jedem einzelnen Bereich weiter genauer umschrieben und definiert, womit dann die politische Diskussion beginnt. Das ist auch die Antwort an Lisa, welche der staatlichen Verantwortung für Rahmenbedingungen zugunsten individueller Lebensgestaltung misstrauisch gegenüber steht. Dass nur ein totalitärer Staat die Menschen zu ihrem Glück zwingen will (Anzahl der erlaubten Kinder pro Ehe, Freizeitgestaltung oder „schön und ruhmreich ist es, für das Vaterland zu sterben“ etc), habe ich ja auch gesagt. In der politischen Ausgestaltung dieser Rahmenbedingungen steht immer die Freiheit der einen gegen die Sicherheit der anderen, handle es sich nun um die Aufbewahrung von Waffen, um Geschwindigkeitsbeschränkungen auf der Strasse oder um den Schadstoffausstoss durch motorisierte Fahrzeuge. Dabei fällt auf, dass nach jedem Unfall, nach jeder Katastrophe die Bereitschaft, die Freiheit zugunsten der Sicherheit einzuschränken bedeutend grösser ist als in ruhigen Zeiten. Nimmt das abstrakt berechenbare Risiko einmal Gestalt an und zeigt uns Verwüstung und Tod, erheben sich sofort die Vorwürfe an die Verantwortlichen, nicht schon längst Vorschriften erlassen zu haben (Überlingen, Höngg). Ein abstraktes Programm wie „via sicura“ hat es demgegenüber schwieriger. Gerade deswegen braucht es aber eine konstante Politik, welche nicht nur auf (berechtigte) Empörungen reagiert, sondern mit abstrakten Risikoanalysen arbeitet.

Insofern ist es bemerkenswert, dass die Glücksforschung ergab, dass stabile politische Verhältnisse zum Wohlbefinden der Menschen beitragen. Auch die Wirtschaft hat in der Regel lieber stabile Verhältnisse, selbst wenn sie sich einzelne Minister durchaus gerne wirtschaftsfreundlicher vorstellen könnte. Zu wissen, woran sie ist, ist für sie der grössere Vorteil, als ständige politische Wechsel.

Und so wollen wir doch mal sehen, welche Rahmenbedingen die Schweizerische Bundesversammlung für das Glück der Bürgerinnen und Bürger nächsten Mittwoch schaffen wird. Das lässt sich unschwer messen. Mit einem Vergleich der Zusammensetzung des Bundesrates Anfang und Ende dieser Woche.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Bonheur et stabilité politique

Le Conseil federal in corpore elu mercredi 10 decembre 2003 a Berne s'apprete a preter serment devant l'assemblee federale. Moritz Leuenberger, Pascal Couchepin, Joseph Deiss, Micheline Calmy-Rey, Christoph Blocher, Hans-Rudolf Merz et la Chanceliere federale Annemarie Huber Hotz. (KEYSTONE/Lukas Lehmann)
Le Conseil federal in corpore elu mercredi 10 decembre 2003 a Berne s'apprete a preter serment devant l'assemblee federale. Moritz Leuenberger, Pascal Couchepin, Joseph Deiss, Micheline Calmy-Rey, Christoph Blocher, Hans-Rudolf Merz et la Chanceliere federale Annemarie Huber Hotz. (KEYSTONE/Lukas Lehmann)

En choisissant « La Vague » de Hokusai pour illustrer ma dernière contribution, je voulais établir un lien entre les dangers d’inondation liés à des catastrophes naturelles et la vague d’émotions suscitée par le débat sur la conservation des armes. Mais maintenant, cette vague symbolise clairement l’énergie condensée des commentaires qui s’élèvent, non seulement par leur ampleur, mais aussi par leur richesse argumentative, bien au-dessus de mes réflexions sur le bonheur et la politique. Pourtant, je voudrais malgré tout souligner que j’entendais, par mon commentaire, mener une réflexion critique allant dans le sens de vos remarques: bien sûr, le « bonheur » doit être concrétisé dans le débat politique par des « échelles de valeurs sociales définies » (Andreas Stäubli), et j’en ai mentionné quelques exemples tels que la santé et le bien-être. Ceux-ci doivent évidemment encore être précisés dans chaque domaine, ce qui fait l’objet d’un débat politique. C’est aussi ce que je réponds à Lisa, qui exprime sa méfiance à l’égard de la responsabilité de l’Etat de mettre en place un cadre pour les formes de vie individuelles. J’ai d’ailleurs précisé que seul un Etat totalitaire veut contraindre au bonheur ses citoyens (en fixant par exemple le nombre d’enfants autorisés par couple, en réglant l’aménagement des loisirs ou en proclamant qu’ « il est beau et glorieux de mourir pour la patrie »). Lors de la définition politique de ces conditions-cadres, la liberté des uns s’oppose toujours à la sécurité des autres, qu’il s’agisse de l’endroit où sont conservées les armes, des limitations de la vitesse sur les routes ou des émissions polluantes des véhicules motorisés. On remarquera à cet égard que l’on est bien plus disposé à restreindre la liberté en faveur de la sécurité après un accident ou une catastrophe qu’en temps normal. Dès que le risque théorique se concrétise et se traduit par des morts et d’importants dégâts, des voix s’élèvent pour reprocher aux responsables de ne pas avoir promulgué des prescriptions plus tôt (Überlingen, Höngg). Il est par contre plus difficile de défendre un programme abstrait tel que « via sicura ». C’est précisément pour ces raisons qu’il faut une politique fiable qui opère avec des analyses de risques abstraites et ne se contente pas de réagir à des sursauts d’indignation (aussi justifiés soient-ils).

Il est par ailleurs intéressant de relever que, selon les recherches sur le bonheur, un cadre politique stable contribue au bien-être des gens. L’économie aussi préfère généralement la stabilité politique, même si elle verrait d’un bon œil des ministres plus cléments à l’égard des milieux économiques. Il est pour elle préférable de savoir à quoi s’en tenir plutôt que d’assister à des changements politiques.

Voyons donc mercredi prochain quelles conditions l’Assemblée fédérale suisse créera pour le bonheur des citoyennes et des citoyens. Ce sera facile à mesurer puisqu'il suffit de comparer la composition du Conseil fédéral au début et à la fin de la semaine.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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Liebe und Glück

[Version française Amour et bonheur]

Die Große Welle an der Küste von Kanawaga; Japanischer HolzschnittMein Beitrag zur wahren Liebe hat ja stürmische Debatten und heisse Kommentare in noch nie da gewesener Anzahl provoziert. So bleibe ich beim Thema, weite es aber aus auf das Glück.

Glück spielt in der Politik die zentrale Rolle. Ich würde sagen, es ist die eigentliche Aufgabe der Politik, allen Menschen zu ermöglichen glücklich zu sein. Niemand darf allerdings zum Glück gezwungen werden, das tun nur totalitäre Staaten. Aber die Rahmenbedingungen für Glück muss der Staat schaffen. Solche Rahmenbedingungen sind Sicherheit, Gesundheit, Liebe, Wohlstand, Freiheit, Gleichheit, stabile demokratische politische Verhältnisse. (A propos: Gestern wurde unser neues Parlament vereidigt. Trotz politischer Verschiebungen berichteten die Medien im Wesentlichen darüber, wer wie gekleidet war. Welch glückliches Land. Da sind die Belgierinnen und Belgier weit weniger glücklich, die sie ein halbes Jahr nach den Wahlen immer noch keine Regierung haben.)

Was Gesundheit und Sicherheit, sicher die wichtigsten Bedingungen für individuelles Glück, betrifft, so ist der Kampf gegen den Klimawandel eben auch Gesundheitspolitik (Feinstaub, Ozonloch), und die Prävention von Naturgefahren ist Sicherheitspolitk (Schutz vor Überschwemmungen und Lawinen). Es geht darum, Unglück, das die Menschen durch den CO2-Ausstoss selber verantworten, zu vermeiden oder doch wenigstens zu reduzieren. Das gilt natürlich auch für andere Bereiche: Die Technologie für Bahnen und Flugzeuge wird laufend verbessert, um die schwerwiegenden Folgen menschlichen Versagens zu verhindern oder zu lindern. Das gilt auch bei anderen Geräten, die von Einzelnen missbräuchlich verwendet werden können, zum Beispiel für Waffen. Ihre Verwendung ist so zu regeln, dass kein Unglück über unschuldige Menschen kommen kann, und zwar auch nicht in Einzelfällen. „Einzelfälle“ sind für die Betroffenen und ihre Familien ein Weltuntergang. Solches zu vermeiden ist Aufgabe der Politik. Deswegen ist der Zugang der Menschen zu Waffen und die Aufbewahrung der Waffen so zu regeln, dass keine Missbräuche möglich sind.

Alle Menschen sollen sich sicher fühlen dürfen. Der Staat muss alles unternehmen, um Unglück zu verhindern, auch solches das von Menschen selber verursacht wird, auch in Einzelfällen.

Bis bald

Moritz Leuenberger


Amour et bonheur

Die Große Welle an der Küste von Kanawaga; Japanischer HolzschnittMa contribution consacrée au véritable amour a suscité des débats houleux et un nombre inédit de commentaires. Je reste donc dans le sujet, tout en l’élargissant au bonheur.

Le bonheur joue un rôle primordial en politique. En effet, il incombe à la politique de le rendre accessible à tous. Il ne faut toutefois l’imposer à personne - seuls les pays totalitaires le font. L’Etat doit créer les conditions propres à le rendre possible. Ces conditions sont la sécurité, la santé, l’amour, le bien-être, la liberté, l’égalité, la stabilité de la démocratie. (À propos: le nouveau Parlement a été assermenté hier. Malgré les changements, la presse s’intéresse surtout à la tenue vestimentaire de nos députés. Quel pays chanceux ! Les Belges ne peuvent pas en dire autant, eux qui, six mois après les élections, n’ont toujours pas de gouvernement.)

A propos de la santé et de la sécurité – à n’en pas douter les conditions primordiales du bonheur individuel – la lutte contre les changements climatiques relève aussi de la politique de santé (poussières fines, trou d’ozone) alors que la prévention des catastrophes naturelles fait partie de la politique de sécurité (protection contre les inondations et les avalanches). Il faut éviter, ou au moins réduire, le malheur que cause l’homme en émettant du CO2. Cette règle est aussi valable dans d’autres domaines : on améliore sans cesse les technologies ferroviaire et aéronautique afin d’empêcher ou d’atténuer les répercussions néfastes des défaillances humaines. Ceci vaut aussi pour d’autres engins, dont certains individus sont susceptibles de faire un usage abusif, tels que les armes. Leur utilisation doit être réglée de manière à ne pas causer de détresse à des innocents, même pas dans des cas individuels. Car pour les personnes concernées et leurs familles, ces « cas individuels» sont des tragédies. Il appartient à la politique d’éviter que de tels événements ne se produisent. C’est pourquoi l’accès aux armes et leur conservation doivent être réglés de manière à rendre impossible tout abus.

Tout le monde doit pouvoir se sentir en sécurité. L’Etat doit tout mettre en œuvre pour empêcher le malheur, même celui causé par l’homme lui-même dans des cas individuels.

A bientôt

Moritz Leuenberger

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